Démocratie
Anomalies démocratiques ?
Risques pour la démocratie ?
Constats :
En 2002, aux législatives, l'UDF obtient 4,8% des suffrages et 29 sièges à l'Assemblée nationale.
En 2007, aux législatives, l'UDF – Mouvement Démocrate obtient 7,6 % des suffrages et entre 0 et 4 sièges à l'Assemblée nationale !
Aux présidentielles de 2002, François Bayrou obtient 6, 84 % des voix.
Aux présidentielles de 2007, François Bayrou obtient 18,57 % des voix. : près de 7 millions de Français ont voté pour le Mouvement Démocrate.
Aux législatives de 2007, l'UDF – Mouvement Démocrate obtient entre 0 et 4 sièges à l'Assemblée nationale !
En 2007, aux législatives, le Nouveau Centre obtient 2 % des suffrages et plus de 20 sièges à l'Assemblée nationale.
En 2007, aux législatives, l'UDF – Mouvement Démocrate obtient 7,6 % des suffrages et entre 0 et 4 sièges à l'Assemblée nationale !
Au 1er tour des présidentielles de 2007, une participation exceptionnelle de 83,77 %.
Au 1er tour des législatives de 2007, un taux d'abstention record qui frôle les 40% !
Ces comparaisons toutes simples permettent de saisir combien par-delà l'injustice dont le Mouvement Démocrate risque d'être la victime, c'est la démocratie française qui apparaît malade.
Explications :
- un mode de scrutin majoritaire qui amplifie le succès des uns et la défaite des autres, qui avec ses deux tours favorise aussi le bipartisme : « Selon un sondage CSA-Cisco pour France 3, Radio-France et Le Parisien réalisé dimanche auprès de 3 507 personnes, 54 % des votants du premier tour se sont d'ailleurs dits favorables à un mode de scrutin proportionnel pour élire les députés "afin de représenter correctement les différentes sensibilités" politiques, contre 38 % se disant favorables au maintien du système majoritaire actuel "afin de garantir les majorités stables. » (Jean-Baptiste de Montvalon, Le Monde)
- le quinquennat et l'inversion du calendrier électoral qui font des législatives un vote de confirmation voire d'amplification de la présidentielle, rendent la campagne expéditive, incitent de nombreux électeurs convaincus que les jeux sont faits à bouder les urnes : «le désintérêt des électeurs (…) va vite poser la question de la pertinence même de législatives organisées dans la foulée d’une présidentielle avec ce mode de scrutin majoritaire à deux tours». (Dominique Gerbaud, La Croix)
- l'habileté tactique de Nicolas Sarkozy et de ses soutiens : « Le journal les Echos, qui brille rarement par son engagement à gauche, le rappelait la semaine dernière : les mesures fiscales du gouvernement Fillon profiteront d'abord aux détenteurs des revenus les plus élevés. Le libéralisme des bien lotis, qui sert de boussole au nouveau pouvoir, est donc apparu au grand jour. Pourtant, les électeurs, parmi lesquels beaucoup ne roulent pas sur l'or, ont avalisé cette politique contraire à la justice sociale. C'est aussi le fruit de cette habileté tactique appelée «ouverture», qui consiste non pas à nuancer son programme, mais à le faire cautionner par des transfuges individuels. Les nouveaux ministres qui ont quitté la gauche pour la droite y trouveront la confirmation de leur cynique calcul : ils ont parfaitement joué leur rôle de leurre pour affaiblir encore ceux qu'ils venaient d'abandonner. » (Laurent Joffrin, Libération)
Conséquences :
- un parlement inexistant : « Depuis un mois, on se demande à quoi sert le Premier ministre. Désormais, on va se demander à quoi sert le Parlement : les petits partis de gauche sont laminés, le centre de François Bayrou est pulvérisé. Face à la déferlante UMP, seuls les socialistes résistent. Mais des socialistes, mal en point, divisés, qui devront soigneusement balayer devant leur porte avant de redevenir audibles. Le pays est entré dans une nouvelle ère: celle d’une relation directe et passionnelle entre le président et le peuple. Gare au vertige!» (Françoise Fressoz, Les Echos)
- des risques de mouvements sociaux : « Une assemblée fantoche après une élection fantôme. Le contre-pouvoir sera dans la rue. » (Philippe Alexandre, Le Bien Public)
Conclusion :
Il apparaît plus que jamais nécessaire de refuser les systèmes sclérosés et de revivifier la vie politique : la démocratie française a pour cela absolument besoin du MoDem.