Le créneau démocrate

Publié le par Pierre Ferrarese

A lire et à méditer, dans Les Echos de ce mercredi 19 septembre 2007, un article très intéressant de FRANÇOISE FRESSOZ qui propose son analyse de la stratégie à suivre par le Modem : 
http://www.lesechos.fr/info/analyses/4624076.htm?xtor=RSS-2059

Elle rappelle d'abord que le Centre, face aux institutions de la Vème République, n'a jamais réussi à constituer une force politique majeure  et que le système français condamne François Bayrou à l'échec "si son objectif est d'imposer dans le pays une troisième force. "

En revanche, François Bayrou a une carte à jouer  : " profiter de l'élection présidentielle, dont le premier tour est un vrai scrutin proportionnel, pour détrôner l'un ou l'autre membre du duopole actuel et imposer le Mouvement démocrate."

Pour cela, il lui faut d'abord s'affirmer contre le "sarkozysme", contre ce  "tropisme américain beaucoup plus affirmé que ses prédécesseurs, attitude décomplexée vis-à-vis de l'argent et de ce que François Bayrou appelle le « monde du Fouquet's »", contre le " modèle du chef fusionnel et passionnel" auquel il faut préférer " celui du chef d'orchestre raisonné et raisonnable (...) davantage ancré dans la tradition française. "

Pour cela aussi, il lui faut aussi prendre la place d'un Parti Socialiste englué dans des échecs électoraux et dans son incapacité à gérer sa mue en parti social-démocrate : "
Aucun premier secrétaire n'a été en mesure de l'imposer à un parti qui se complaît dans la confusion. François Bayrou prend le pari que la crise de leadership va durer au PS et que, tant qu'elle ne sera pas réglée, il bénéficiera d'une fenêtre de tir pour construire sa propre légitimité".

C'est pourquoi, selon FRANÇOISE FRESSOZ, le président du Modem doit  s'afficher "moins centriste que démocrate" et faire entendre sa "musique" : "«
résistance » au modèle économique dominant, qui repose « sur des fortunes vite faites et une accumulation de patrimoine propre à creuser les inégalités » ; gestion « sérieuse » des deniers publics, réforme de l'Etat, qui, pour réduire les inégalités, doit être davantage un incitateur qu'un faiseur. "

Et l'auteur de conclure : "
même s'il paraît fou, le pari de François Bayrou ne peut être repoussé d'un revers de la main."

Discours de clôture de François Bayrou
le 16 septembre 2007
lors du Forum Démocrate

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article